Les traitements contre la DMLA

Il est possible d’agir pour préserver au maximum la vision.

La DMLA est une maladie chronique qui, quelle qu’en soit la forme, ne peut actuellement être guérie. Toutefois, de nombreux progrès ont été réalisés pour ralentir son évolution voire la stabiliser. Cela vaut notamment pour la forme exsudative, liée au développement de néovaisseaux.

C’est pourquoi un dépistage précoce et un suivi ophtalmologique régulier jouent un rôle essentiel pour identifier une DMLA et mettre en place, quand c’est possible, une prise en charge adaptée. La DMLA nécessite dans tous les cas un suivi à vie.

Les traitements préventifs

Avant de progresser vers une DMLA, l’œil traverse souvent une phase précoce appelée maculopathie liée à l’âge (MLA). Elle se caractérise notamment par la présence de drusen et d’altérations de l’épithélium pigmentaire. C’est à ce stade que peuvent intervenir certains traitements préventifs.

• La photobiomodulation

La photobiomodulation (PBM) est une technique déjà utilisée dans de nombreuses spécialités médicales, aujourd’hui adaptée à l’ophtalmologie pour la prise en charge de la maculopathie liée à l’âge (MLA).

Le principe repose sur une stimulation lumineuse ciblée, proche de l’infrarouge (590 nm, 660 nm et 850 nm), qui vise à améliorer le fonctionnement du métabolisme cellulaire. Ce traitement est appliqué chez des patients présentant des drusen, témoins d’un dysfonctionnement de ce métabolisme cellulaire, dans l’espoir de voir régresser ces drusen et de pouvoir ainsi ralentir ou stopper l’évolution vers une DMLA.

Il s’agit d’une technique non invasive et sans contact, réalisée en consultation externe sous forme d’une série de séances, qui peut être renouvelée à intervalles de plusieurs mois selon les protocoles utilisés. À ce jour, elle n’est pas prise en charge par l’Assurance Maladie.

• Une bonne hygiène de vie

Lorsque l’on est encore au stade des précurseurs ou au début des formes atrophiques, une bonne hygiène de vie permet de réduire le risque évolutif d’une DMLA, quel qu’en soit le stade :

  • L’alimentation : la consommation régulière de fruits et de légumes, de poissons gras, d’œufs, de graines et fruits à coque…
  • Les compléments alimentaires : pour certains patients, l’ophtalmologiste prescrira des compléments alimentaires. Et ce afin de couvrir ou renforcer les besoins quotidiens en antioxydants, lutéine et oméga-3. Ceux-ci ont démontré leur efficacité dans la prévention. Ils seront aussi adaptés à ceux qui ont un œil déjà atteint mais qui conservent leur deuxième œil.
  • L’arrêt du tabac : véritable accélérateur de DMLA, il est recommandé d’arrêter de fumer pour ralentir la progression de la maladie.
  • L’activité physique régulière : il est important de rester en mouvement et, idéalement, de pratiquer une activité physique, adaptée à votre état de santé. Cela permet de réduire la sédentarité, lutter contre l’obésité, améliorer les capacités musculaires, cardio-respiratoires et la qualité de vie.

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Pour la DMLA exsudative/néovasculaire

Le diagnostic de DMLA est connu depuis de très nombreuses années. Mais, jusque dans les années 1970, aucun traitement n’était disponible. L’évolution vers une perte de la vision centrale se faisait rapidement dans la forme exsudative et plus lentement dans la forme atrophique.

La cause de la DMLA reste encore inconnue et il n’est donc pas possible de guérir la maladie. Mais on peut maintenant soigner et ralentir ou stopper l’évolution de la forme exsudative. Cela consiste à agir sur les néovaisseaux, le but étant de les détruire.

• Les premiers traitements

Premier traitement permettant de les détruire en les brûlant, la photocoagulation au laser. Elle était efficace mais détruisait aussi la rétine proche et créait un scotome. Cette technique ne pouvait donc s’appliquer, avec un espoir de préservation visuelle, que sur les néovaisseaux situés à distance de la partie centrale de la macula, la fovea.

La photothérapie dynamique (PDT), technique plus sélective, consistait à photosensibiliser les néovaisseaux en injectant en intraveineuse de la verteporfine. Cela permettait de brûler ces néovaisseaux avec des intensités plus faibles et moins de destruction des tissus avoisinants. Cette technique a permis de traiter des néovaisseaux plus proches de la fovea.

Ces deux techniques ont été abandonnées avec l’arrivée des anti-VEGF, proposant une approche thérapeutique différente.

• La révolution des anti-VEGF

Avec l’arrivée des anti-VEGF en 2006, il ne s’agit plus de brûler les néovaisseaux mais d’arrêter leur développement. Pour créer de nouveaux vaisseaux, il faut des facteurs de croissance. Le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) en est un. Il se situe à la surface de cellules de la paroi des vaisseaux, les cellules endothéliales.

La découverte d’anti-VEGF a permis de bloquer la prolifération vasculaire, par exemple, dans certaines tumeurs, mais aussi dans l’œil. Elle a considérablement amélioré le pronostic de la DMLA exsudative.

Les anti-VEGF sont injectés dans le vitré par injection intra-vitréenne (IVT) en consultation externe. Après trois injections à un mois d’intervalle, les IVT sont répétées à intervalles plus ou moins longs en fonction du résultat obtenu. Celui-ci se vérifie en mesurant l’acuité visuelle, en réalisant un examen OCT et parfois une angiographie rétinienne.

• Les nouvelles générations d’anti-VEGF

Les anti-VEGF ont profondément transformé la prise en charge de la DMLA exsudative. Toutefois, la fréquence des injections et des rendez-vous reste l’une de leurs principales contraintes. Elle s’apparente même à un véritable fardeau thérapeutique, cause de nombreux abandons de traitement.

Les nouvelles générations de traitements cherchent ainsi à faire évoluer vers une prise en charge plus personnalisée, avec des intervalles adaptés à la réponse de chaque patient.

De nouvelles molécules et de nouvelles formulations permettent, chez certains patients, d’espacer davantage les injections.

D’autres recherches ciblent d’autres facteurs de croissance ou des produits agissant simultanément sur plusieurs facteurs de croissance, telle l’anti-thyrosine kinase, toujours dans le but d’être plus efficaces plus longtemps.

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Pour la DMLA atrophique

Dans la forme atrophique de la maladie, par définition, il n’y a pas de néovaisseaux. Les traitements conçus pour détruire ces derniers, utilisés dans la DMLA exsudative, sont donc inadaptés ici. Les cellules rétiniennes, y compris celles de l’épithélium pigmentaire, meurent prématurément sans que l’on en connaisse précisément la cause, même si plusieurs pistes sont actuellement explorées.

Deux voies de recherche permettent de garder espoir :
• comprendre pourquoi les cellules meurent, ce qui permettrait de stopper le processus,
• et, en attendant, essayer de ralentir l’extension de l’atrophie.

Deux molécules ciblant la cascade du complément ont été développées. Elles ont démontré, lors d’essais cliniques, une capacité à ralentir la progression de l’atrophie géographique. Ces deux médicaments ont obtenu une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis dès 2023. Mais dans les deux cas, il s’agit d’un ralentissement de la progression de la maladie, sans possibilité de la stopper ni d’améliorer la vision déjà perdue.

Ces résultats ont été jugés insuffisants par l’agence européenne des médicaments. Ces traitements ne sont donc pas disponibles sur le marché européen. Les recherches se poursuivent.

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Texte mis à jour en août 2026.

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