Déjà plus de quinze ans que les patients atteints de DMLA exsudative bénéficient d’un traitement, à savoir l’injection dans l’œil d’un médicament antiVEGF. Toutefois, ce traitement est encore lourd et souvent difficile à supporter pour les patients. Pour comprendre leur parcours, nous avons interrogé le Dr Oudy Semoun, ophtalmologiste au Centre ophtalmologique du Panthéon à Paris et praticien hospitalier au CHI de Créteil.
En dépit de l’amélioration des protocoles de traitement depuis 2007, une étude récente1 mettait encore en avant la peur et l’anxiété que les injections intravitréennes (IVT) pouvaient susciter chez les patients durant la durée de leur traitement. “Pourtant, c’est à ce jour le meilleur traitement existant pour lutter contre la DMLA néovasculaire”, explique le Dr Semoun. “Nous avons pleinement conscience du fardeau qu’il peut représenter, mais il est très important de bien suivre le protocole d’injections. Car y renoncer revient à prendre le risque de séquelles visuelles graves, d’une baisse de vision irréversible. Et rappelons que les IVT ne sont qu’une étape, un passage obligé pour préserver sa vision le plus longtemps possible.”
Comment ce traitement agit-il ?
La forme exsudative de la maladie se traduit par des hémorragies et une exsudation (de l’œdème) dans les couches de la rétine. Elles sont provoquées par de petits vaisseaux anormaux (néovaisseaux choroïdiens), qui envahissent la choroïde et finissent par endommager les cellules nerveuses (les photorécepteurs) jusqu’à provoquer une perte de la vision centrale. Le traitement consiste alors à injecter des médicaments antiangiogéniques (ou antiVEGF), qui bloquent la molécule à l’origine du développement et de la progression de ces néovaisseaux. Cette molécule s’appelle le facteur de croissance de l’endothélium vasculaire (VEGF).
Docteur, j’ai peur…
Il est tout à fait normal d’avoir une appréhension avant l’injection intravitréenne lorsque l’on est traité pour la forme néovasculaire (humide) de la DMLA. “Toutefois l’inquiétude ne doit pas empêcher la confiance dans le geste du médecin”, explique le Dr Semoun, ophtalmologiste à l’Institut d’ophtalmologie du Panthéon à Paris et au CHI de Créteil. Parce qu’il faut rester strictement immobile durant l’injection, bien des patients expriment leur angoisse de bouger à cet instant. “En réalité, cela n’arrive jamais, car le geste est extrêmement rapide. Et si le patient bouge, nous attendons le bon moment”, rassure l’ophtalmologiste. Sans oublier la peur de voir arriver l’aiguille sur l’œil…
Retrouvez la suite de cet article “Les IVT, parlons-en !”, dans la Lettre n°60, page 16.
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