Lorsqu’on est atteint de DMLA exsudative (néovasculaire), la question du rythme des injections dans l’œil revient très souvent. Ces injections intravitréennes (IVT), essentielles pour préserver la vision, peuvent inquiéter par leur fréquence et leur durée. Aujourd’hui, les pratiques évoluent et les ophtalmologistes disposent de stratégies de traitement plus personnalisées, mieux adaptées à chaque patient.
Les injections intravitréennes, un traitement de référence de la DMLA humide
La DMLA exsudative se caractérise par l’apparition de vaisseaux anormaux sous la rétine, responsables de fuites et d’une dégradation rapide de la vision centrale. Pour freiner cette évolution, le traitement de référence repose sur les injections intravitréennes, appelées IVT.
Une injection intravitréenne consiste à administrer un médicament directement à l’intérieur de l’œil. PLus précisément dans la cavité située derrière le cristallin, afin qu’il agisse au plus près de la rétine. Ce geste, réalisé par un ophtalmologiste, permet de contrôler l’activité de la maladie et de préserver la vision sur le long terme.
Pourquoi la fréquence des injections peut varier d’un patient à l’autre
Pendant longtemps, les injections étaient réalisées selon un rythme fixe, souvent mensuel. Or, l’expérience clinique a montré que tous les patients ne réagissent pas de la même manière au traitement. Certains présentent des récidives rapides, tandis que d’autres restent stables plus longtemps.
C’est dans ce contexte qu’un schéma thérapeutique appelé Treat and Extend s’est progressivement imposé. Cette approche, dont le nom signifie « traiter et espacer », vise à adapter la fréquence des injections. Et ce, en fonction de l’évolution de la maladie chez chaque patient. L’objectif est de traiter efficacement tout en évitant des injections inutiles.
Le protocole Treat and Extend, une approche plus personnalisée
Avec le Treat and Extend, le traitement débute par des injections rapprochées jusqu’à ce que la DMLA soit stabilisée. Une fois cette stabilité obtenue, l’ophtalmologiste espace progressivement les injections, tout en surveillant attentivement l’état de la rétine.
Si des signes de récidive apparaissent, le rythme est ajusté sans attendre. Cette stratégie permet de trouver un équilibre entre efficacité du traitement et confort du patient. Elle favorise une prise en charge individualisée, adaptée au rythme propre de la maladie chez chacun.
De bons résultats pour la préservation de la vision
Les études et la pratique clinique montrent que le protocole Treat and Extend offre de très bons résultats sur le maintien de la vision chez les patients atteints de DMLA humide. En limitant les récidives tout en réduisant le nombre d’injections lorsque cela est possible, cette approche améliore également l’adhésion au traitement sur le long terme.
Comme le souligne le Pr Catherine Creuzot-Garcher, chef du service d’ophtalmologie du CHU de Dijon, cette évolution des pratiques constitue une avancée majeure dans la prise en charge de la DMLA exsudative. Un entretien complet avec la spécialiste est à retrouver dans la Lettre 59, page 12.
Photo © Direction communication du CHIC de Créteil