Il s’agit d’un réseau de bibliothèques qui prêtent gratuitement des livres et des revues audio enregistrés par des donneurs de voix bénévoles à des personnes empêchées de lire, en raison de déficiences sensorielles, physiques ou cognitives. Tel un moyen simple de rester connecté à l’information, de continuer à s’immerger et s’épanouir dans les œuvres littéraires. Pour nous en parler, nous avons rencontré Claudine Barideau, la présidente de l’Association des Donneurs de Voix.
Comment cela fonctionne-t-il ?
“Rappelons d’abord que ce service est 100% gratuit, il suffit juste de s’inscrire : pour cela, il faut télécharger et compléter le dossier d’inscription qui vaut engagement sur l’honneur quant à l’empêchement de lire puis le renvoyer par mail ou courrier. Ensuite, l’adhérent peut accéder à des livres et revues audio, enregistrés en voix humaine, sous différentes formes et supports : soit il les emprunte directement dans l’une de nos bibliothèques (plus d’une centaine sur le territoire), soit il les reçoit sur CD par courrier en franchise postale, soit il les télécharge depuis notre site internet via une connexion sécurisée, soit il les écoute en streaming via l’application Voxiweb (nous avons un contrat qui assure la gratuité de ce service à nos audiolecteurs). Le catalogue compte désormais plus de 67 000 titres, dont 22 000 titres téléchargeables sur le site, auxquels viennent s’ajouter plus de 200 nouveaux titres par mois et 30 titres de revues enregistrées à chaque parution. Le nombre de téléchargements autorisés est de 25 livres par mois. Parmi eux, des classiques bien sûr, mais aussi des ouvrages récents ou encore des livres pour enfants pour continuer à lire des histoires… bref le panel est large pour que tout le monde puisse y trouver son plaisir.
Quand faut-il, selon vous, “passer” aux livres audio ?
La lecture audio est encore trop souvent vécue comme une contrainte, née de l’acceptation d’un handicap. Or il ne faut pas se sentir condamné à venir au livre audio, d’autant qu’il s’agit d’un média en croissance avec l’essor des podcasts qui ont entraîné de nouvelles façons de s’informer. C’est pourquoi nous avons tendance à suggérer de ne pas attendre de ne plus voir pour commencer la lecture audio. D’autant qu’il est possible de continuer à lire tout en écoutant des livres, l’un n’empêche pas l’autre. Ainsi la transition sera plus douce, on viendra plus naturellement et avec plus de plaisir vers le livre audio. Et comme ce service est gratuit, pourquoi s’en priver ?
Vous insistez sur la notion de voix humaine ?
En effet, l’intelligence artificielle ne fait pas partie de notre ADN. Il y a des acteurs qui enregistrent très bien des livres audio vendus dans le commerce. Mais depuis notre création les livres sont tous lus par des hommes et des femmes bénévoles, qu’on appelle les donneurs de voix. Nous avons justement besoin de bénévoles pour prêter leur voix, mais aussi pour donner du temps afin que l’association continue de fonctionner et d’offrir ses services. Si vous êtes intéressé, rapprochez-vous de la bibliothèque sonore la plus proche de chez vous et vous serez toujours très bien accueilli. On vous dit à bientôt !”
Pour rappel, les Bibliothèques Sonores de France sont exclusivement financées par les dons, les subventions et le bénévolat. L’Association des Donneurs de Voix étant reconnue d’utilité publique, un certificat fiscal est établi lors du don, ouvrant droit à une réduction d’impôt sur le revenu à hauteur de 66% des sommes versées. Pour cela, vous pouvez envoyer un chèque à la Trésorerie Nationale de l’association, 40 rue d’Aubigny – 69003 Lyon ou vous rendre directement sur le site internet HelloAsso.
Crédit photo : ©Shutterstock – Space_Cat





