La DMLA soulève de nombreuses questions, notamment au moment du diagnostic et au fil de son évolution. Voici les réponses à celles que vous nous posez le plus souvent.
Vais-je devenir aveugle ?
La DMLA atteint la macula, c’est-à-dire la zone centrale de la rétine. Elle est, entre autres, responsable de la lecture, l’écriture, la vision correcte des couleurs. En dépit de la perte de fonctionnalité des cellules centrales, la DMLA, même dans les cas les plus sévères, permet de garder un champ visuel périphérique. Grâce à la préservation de cette vision périphérique, il est toujours possible, lorsque les lésions maculaires sont relativement stabilisées par les traitements, de bénéficier de séances de rééducation/réadaptation pour apprendre à exploiter au mieux cette vision restante.
Si j’ai une DMLA sur l’œil droit, vais-je l’avoir à gauche ?
La DMLA est, comme son nom l’indique, liée à l’âge. Or vos deux yeux ont le même âge. C’est pourquoi il est tout à fait possible d’avoir une dégénérescence maculaire à un œil puis à l’autre. Mais ce n’est pas systématique. Si cela arrive, les yeux peuvent présenter des formes identiques ou différentes de DMLA (sèche ou humide). Toutefois, ils peuvent ne pas la développer au même rythme et ne pas réagir de la même façon aux traitements.
Alors que j’ai déjà une DMLA, j’ai aussi une cataracte, puis-je me faire opérer ?
La DMLA concerne la zone centrale de la rétine. La cataracte correspond quant à elle à une opacification du cristallin, à l’avant de l’œil. Mais parce qu’elles sont toutes les deux liées à l’âge, elles peuvent coexister. À votre ophtalmologiste alors d’évaluer dans votre gêne visuelle la part de la DMLA et celle de la cataracte. Une cataracte dense, handicapant la vision, doit être opérée, tandis qu’une cataracte débutante doit simplement être surveillée.
J’ai une DMLA, est-ce que je risque d’avoir aussi un glaucome ?
Ce sont deux maladies fréquentes, qui augmentent avec l’âge. Près d’1,5 million de personnes sont atteintes de DMLA. Le glaucome touche quant à lui entre 1 à 2% de la population. Avec l’âge, la probabilité de les déclarer est donc plus importante, mais elles n’ont pas de substrat génétique commun.
Est-ce que la DMLA est une maladie héréditaire ? Comment l’éviter ?
La DMLA est imputable à 80% aux facteurs génétiques. Mais d’autres facteurs environnementaux jouent un rôle très important comme, par exemple, le tabac et l’alimentation. On sait que le tabac augmente à peu près par six le risque de développer une DMLA. Quant à la nutrition, des études ont montré que certains modes alimentaires pouvaient être bénéfiques, comme le régime méditerranéen par exemple qui réduirait de 41% le risque d’avoir une DMLA. C’est pourquoi il est recommandé d’adopter une bonne hygiène de vie, d’arrêter de fumer le cas échéant et de suivre un régime alimentaire adapté, en prenant des compléments alimentaires si votre ophtalmologiste le prescrit.
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N’est-il pas dangereux d’avoir beaucoup d’IVT ?
Seul compte pour les médecins votre intérêt, c’est pourquoi leur objectif est de maintenir votre gain visuel, votre acuité visuelle à court, moyen et long terme, et ce indépendamment du nombre d’IVT nécessaires dans ce contexte de prise en charge.
Les compléments alimentaires sont-ils tous les mêmes ?
Non, ils ne sont pas tous identiques. Différentes études ont permis de montrer qu’il était nécessaire de supplémenter l’alimentation chez les patients à risque avec de la lutéine, des acides gras polyinsaturés et particulièrement des oméga-3, de la vitamine C, de la vitamine E et des oligoéléments. Un complément alimentaire idéal doit donc tous les contenir.
Faut-il faire de la rééducation visuelle ? Cela permet-il de voir à nouveau ?
La rééducation visuelle, ou réadaptation en basse vision, consiste à utiliser au mieux vos capacités visuelles résiduelles. Elle permet surtout de voir différemment, c’est-à-dire pas forcément comme avant. Son objectif est de vous aider à conserver le maximum d’autonomie, mieux vous orienter dans l’espace, poursuivre vos activités habituelles comme la lecture, la couture, le bricolage… Pour cela, l’utilisation d’aides visuelles peut être recommandée. Si la rééducation en basse vision fait appel à la patience, la motivation et la persévérance, les efforts sont souvent couronnés de succès.
Quelles sont ces aides optiques ? Où les trouver ?
De nombreux systèmes grossissants peuvent aider, surtout pour améliorer la vision de près, indispensable à la lecture. Ces systèmes peuvent être plus ou moins complexes : les plus simples sont les loupes, les plus sophistiqués peuvent rendre d’incroyables services. C’est pourquoi il est recommandé de rencontrer un opticien spécialisé en basse vision, le mieux formé pour vous exposer les appareils adaptés à votre situation personnelle et, surtout, vous faire essayer avant d’acheter. Le matériel basse vision peut coûter très cher, les investissements doivent donc être justifiés.
Avec une DMLA, puis-je encore conduire ?
Cela dépend du stade de votre DMLA. Si l’atteinte est minime ou modérée, la conduite est encore envisageable, d’autant qu’il est possible et prudent d’adapter son style de conduite. Si elle est au contraire très avancée, vous devez renoncer à la conduite car celle-ci est dangereuse. Pour vous et pour les autres. Ce sujet, important au quotidien, mérite d’être discuté avec votre ophtalmologiste. La réglementation française est à ce sujet assez précise et fait intervenir la vision centrale (test d’acuité visuelle) et la vision périphérique (test du champ visuel). Il faut avoir 5/10, les deux yeux ensemble avec vos lunettes, et il faut que le champ visuel périphérique soit de 120 degrés en horizontal et que les 40 degrés centraux soient indemnes de toute atteinte. Toutefois, si l’on est en-dessous de ces 5/10, la loi autorise d’obtenir une dérogation auprès des médecins agréés de la préfecture.
Le sport est-il recommandé avec une DMLA ?
Bien entendu que l’on peut faire des activités sportives lorsque l’on a une DMLA. Mis à part peut-être des sports extrêmes ou de combat, sport et DMLA sont tout à fait compatibles. Aussi, après une IVT, il faut éviter le contact de l’œil avec l’eau (de piscine ou de mer) pendant 24 heures. Hormis ce cas, l’activité physique régulière est bénéfique autant pour le corps que l’esprit et est, en ce sens, largement recommandée.
Texte mis à jour en octobre 2026.